Le pédophile

J'avais l'âge de mon fils aujourd'hui, 13 ans. Je découvrais les filles. J'en avais déjà connues plusieurs en Angleterre dans le camp YMCA où j'allais chaque été depuis mes 10 ans.
A Fairthorn Manor, il y avait le monde entier ! Des filles du monde entier ! J'y avais rencontré mon premier amour : Emma. Elle vivait avec ses parents sur l'ile de Wight.
Nous échangions de longues lettres en Anglais où nous nous promettions de nous retrouver pour l'éternité.
J'avais fait de gros progrès en la matière.

J'attendais très tôt chaque matin le passage du facteur. Puis un jour plus rien, elle avait dû rencontrer un autre garçon. Je l'avais appelée plusieurs fois, son père me disait qu'elle était absente...J'en chialais. 

Nous étions partis à Saint-Brévin dans notre maison du bord de mer. Inconsolable, mes parents me choyaient ; mon petit frère boudait.J'allais au bout du chemin sur la plage, pieds nus, souvent seul.
Des groupes d'ados s'amusaient, de belles jeunes filles de mon âge cherchaient à m'approcher. Soizic, Valérie et Véronique furent mes premiers contacts. Pas le coeur à rigoler, mais je sentais bien une certaine attirance pour l'une d'elles. Nous jouions au volley et même au foot. Ma tristesse s'atténuait. Nous nous donnions rendez-vous tous ensemble sur la plage, le soir pour le lendemain et à l'heure du déjeuner pour l'après-midi. 

Certains jours, je sortais ma planche et tirais des bords certains après-midis. Les filles me regardaient au bord de l'eau. Je le savais et j'en retirais une certaine fièreté, petit coq !

Un soir, au moment où nous nous apprétions à nous séparer, un vieux monsieur nous avait abordés en nous proposant de jouer aux cartes. Nous avions discuté. Il nous avait demandé où nous habitions, nos âges et nos classes. Nous avions de la sympathie pour lui mais nous devions rentrer diner, nos parents nous attendaient. Il m'avait proposé de me raccompagner prétextant que c'était aussi son chemin... j'acceptais.

Il y avait 200 mètres de la plage à la maison. Pendant que je chargeais ma planche sur le chariot, il me parlait. Il voulait me montrer le jeu de cartes qu'il avait dans la main. Il en retira deux ou trois et me les montra. Des images pornographiques, obscènes. Il me dit de façon anodine : "ça te plairait que je te fasse la même chose ?"

Immédiatement choqué, je pris mes jambes à mon cou, laissant ma planche, combi et tout mon attirail derrière moi. Si vite que je ne savais pas s'il avait tenté de me suivre. 

Essouflé, j'arrivais à la maison où mon père m'attendait.

Il m'avait questionné, je lui avais raconté ce qui venait de m'arriver. Il était parti à la recherche du bonhomme. Je l'avais suivi discrètement et savais qu'il l'avait retrouvé !
J'étais rentré aussitôt, ma mère et mon frère m'attendaient assis autour de la table.
Moins d'une heure plus tard, mon père était revenu avec ma planche. Il resta muet comme à son habitude, détenteur unique de tellement de secrets.

Le lendemain, je repris le chemin de la plage et ne revis jamais ce vieux monsieur.

Honteux, je n'ai plus jamais parlé à mon père de cette soirée par peur qu'il ne me dise qu'il avait réglé définitivement le problème.

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