lundi 10 septembre 2012

eCommando



Je ne porte pas l’uniforme et pourtant je suis militaire. Je n’arbore pas les galons mais je suis officier. Je fais peu de parcours de combattant et je suis en basket. Je suis bien plus souvent devant mon PC qu’au pas de tir… mais je sors cependant la plupart du temps armé de mon P.A.  Par contre, je suis cinq jours sur sept sur le champ de bataille, parfois sur le front mais la plupart du temps à l’arrière. Je n’ai pas fait l’école de guerre mais une école d’ingénieur. 

Au début, je m’amusais. Ensuite, j’ai bidouillé. Et je dois dire que j’ai excellé en la matière. J’aimais décortiquer, contourner les systèmes ou faire sauter les verrous. J’étai s jeune et repousser les limites de l’interdit m’excitait. Je ne vous raconte pas les poussées d’adrénaline que j’ai pu avoir lorsque j’ai pénétré mes premiers serveurs.

Et puis, j’ai un peu monnayé mes services. Mes clients ? Des groupes privés qui aime parfois flirter avec l’illégalité. L’intelligence économique m’a rapporté de plus en plus. Jusqu’au jour où je me suis fait gauler. Le commanditaire s’est bien évidemment évaporé et, au final, j’ai été chargé un max.

En synthèse, j’avais le choix entre la taule et la collaboration. Bien évidemment, je ne serai pas où je suis si j’avais fait ma tête de mule. Et puis, passer du côté obscur à la lumière de la force me va plutôt bien. Le job est le même mais sans les risques.

Enfin disons que les risques ne sont plus les mêmes. Si je porte un flingue à la ceinture, si je m’entraine très régulièrement au tir,  c’est que je ne me sens pas en totale sécurité. Il faut dire que les puissances contre lesquelles je me bats quotidiennement voient d’un très mauvais œil notre « travail ». .. Je dis « notre » car la mise au point d’un malware complexe ne peut être le fruit d’un seul homme aussi brillant soit-il. Notre but : ralentir une centrifugeuse, bloquer une station d'épuration ou encore dérégler la signalisation routière. La plupart du temps, je pénètre les systèmes afin d’en extraire la substantifique moelle. Dans tous les cas, il faut échapper aux radars, persister un maximum et surtout ne pas laisser de trace.

Mais ce ne sont pas mes empreintes ou mon éventuelle « signature » qui m’inquiète. Ce sont plutôt les langues déliées. L’homme est le maillon faible de tout système de sécurité. Nous ne sommes jamais à l’abri d’une taupe ou d’un troupeau de taupes. Un salaire de fonctionnaire même allié au patriotisme ne fait parfois pas le poids face à un petit tas d’euros.

Et là j’avoue, je ne sais pas trop quoi faire de l’enveloppe posée sur la table de ma salle à manger…

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