Princesse du Bois


J'avais joué quelques temps à l'Abbé pour débusquer quelques proxénètes et aussi, je le confesse, pour mon plaisir personnel !
Et du plaisir, j'en connais, je sais de quoi je parle ! Les putes sont sûrement les seules femmes de ma vie qui m'ont donné autant de satisfaction. A une époque où, il est possible que l'état supprime purement et simplement la prostitution, je me demande bien comment vont survivre des gars comme moi.

Pas frustrés, ni pervers, mais des types qui n'ont pas décidé de s'engager avec une seule femme parce que leur cœur n'est pas singulier mais multiple. L'esprit d'un homme est celui d'un chasseur. Mon esprit longtemps s'est placé près de mon cœur. 

J'avais été reçu par le commissaire de police du XVIième, plusieurs fois dans ma vie professionnelle, pour des gardes à vue, de mes protégées mais aussi pour mes écarts. 
Pas à la brigade des mineurs, ni même à la mondaine, j'étais affecté depuis presque deux décennies au service des renseignements généraux.

Cette nuit-la ma mission n'était pas "criminelle". Je veux dire pas au service de répression de la criminalité mais au service de la protection.

Il faut bien comprendre que les RG de l'époque étaient déjà un service transversal. Vous me direz que le langage des flics de tous les services se rapprochent souvent de ceux des voyous. C'est vrai !
 J'en ai donc côtoyé beaucoup pour avoir un tel niveau d'argot. Mais dans ma position, selon mes interlocuteurs, j'adoptais un langage châtié obligatoire. Il me fallait donc souvent "jongler" avec la langue pour mieux passer inaperçu. 

Ma mission consistait à protéger une personnalité étrangère pendant ses déplacements Parisiens. La suivre, sans qu'elle puisse s'en rendre compte, auquel cas elle pouvait le signifier à ma hiérarchie et je pouvais en être sanctionné. Alors, je jouais de tous mes artifices, souhaitant toujours être bien noté.
Il y a là aussi un rapprochement avec les déguisements de certains criminels, mais moi j'officiais pour la République, pour la France. 

Elle avait passé la grande partie de sa soirée dans un fameux restaurant du Bois de Boulogne et j'avais quant à moi diné dans ma 4L.
Je passais boire un verre tous les quarts d'heure au bar de l'établissement pour mieux la surveiller.
Puis seule, avant le dessert, elle avait décidé de quitter l'endroit à pieds, dans sa tenue de gala. 

Elle avait pris un sentier à travers bois, puis s'était arrêtée auprès d'un grand chêne.

Des hommes venaient à sa rencontre.

Incognito, elle avait décidé de devenir, ce soir-là, une pute comme toutes les autres. A moins de 50 mètres d'elle, j'avais entendu son baragouinage et j'avais compris qu'elle voulait se vendre ou plutôt vendre son corps. Moi qui avais l'esprit proche du cœur, j'eu du mal à réaliser qu'elle souhaitait assouvir un fantasme aussi simplement. 
Relation consommée, une "hirondelle" passa au troisième racolage… deux flics en vélo qui avaient repéré son manège.
Gourmande, je l'avais regardée opérer. L'œil rincé, la discrétion nécessaire, j'avais laissé les deux fonctionnaires faire leur travail. 

Ils l'avaient emmenée non sans insultes de sa part, au commissariat du XVIième, prenant ma "cliente" pour une simple prostituée. 

J'étais rentré quelques minutes après demandant au planton à voir l'officier de permanence.

J'avais du montrer une nouvelle fois mon grade et ma qualité pour sortir une Princesse d'une bien mauvaise impasse…

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