vendredi 11 mai 2012

Le piège (2)


Le plus souvent j'enquête à l'aveugle, je ne suis pas sensé connaitre le nom de mon "client", du moins pas tout de suite, à la prise en main de l'opération,
mais plus je rentre dans son intimité plus je comprends à qui j'ai affaire et mon patron n'a plus le choix que de me mettre dans la confidence. Quand aux motifs de mon écoute, je ne peux absolument pas m'en douter, je suis discipliné et j'obéis aux ordres. Mon patron "m'affranchit", mon "chaland" est surveillé depuis de longs mois déjà pour des affaires de moeurs ! Aussitôt, je prends conscience de l'intérêt de mon alerte. Au delà de porter le discrédit sur sa personne, il risque de déshonnorer la France qu'il représente dans plusieurs institutions internationales.

Le service n'ayant pas d'homme sur place nous décidons de faire appel à nos partenaires américains sur place. Dans un des messages que j'avais interceptés, un de ses amis avait projeté d'organiser pour lui une soirée avec plusieurs jeunes femmes habituées à ce type de rendez-vous. Au bar de l'hotel, les agents locaux avaient localisé mon homme, ils avaient pris aussi le relais des écoutes de ses smartphones, installé dans la suite, les micro-caméras et le dispositif de surveillance prévu. Les libertains s'en étaient donnés à coeur joie ! Ils avaient quitté l'hotel très tôt le matin. Et mes ricains s'étaient bien rincés l'oeil ! J'attendais sagement que l'upload qu'ils m'avaient envoyé dans la nuit soit totalement chargé. Le lendemain, j'avais recu un appel de mes partenaires m'informant qu'une employée de l'hotel avait été agressée sexuellement par mon "client". Quelle santé ! J'avais décidé de ne pas y porter plus d'importance sans certitude précise de la plainte et certain aussi qu'il était sous immunité diplomatique.

Seulement, sur place, les événements s'enchainaient, mon "clent" avait quitté l'hotel pour l'aéroport. Les agents sur place se proposaient de l'arréter. Il avait pris un taxi et était sur le point d'embarquer dans un avion en direction de Paris.
Incrédules, et nous n'étions plus maîtres de cette opération. Pas de présence sur place et de légitimité sur le territoire américain. Nous n'avions plus qu'à nous remettre aux décisions des omnipotents locaux.
Je décidais de tenter de joindre mon "client" sur le mobile qu'il utilisait le plus, en vain, sans laisser de message bien évidemment.
Peut-être était-il déjà en vol ? Les ricains devenaient plus pressants. L'employée agressée sexuellement, après réflexion semble-til, avait décidé de porter plainte ! Comment faire pour reprendre la main ? Je n'avais même pas eu le loisir de visionner la vidéo de la veille. Je décidais de m'isoler quelques instants ; la qualité des images m'impressionnaient, les visages des protagonistes en actions très clairement visibles. Faire preuve de voyeurisme dans mon job est un plus, sans émotion, même une qualité.

Mon "client" venait juste de s'installer sur son fauteuil à bord de l'avion, sereinement et après avoir fait preuve d'une galanterie appuyée envers l'hotesse de l'air à son service...






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