L’exfiltration


Dans ma vie, j'ai côtoyé les plus "grands". Je les ai choyés, gardés, protégés jusqu'à réussir à faire abstraction de ma petite personne. Et les "grands", je vous garantis qu'ils aimaient ça ! Pire que des enfants, entourés, guidés par mes soins...sans moi ils n'étaient plus grand chose. J'étais indispensable !

Le plus grand était le Président. Je ne vous cache pas que le luxe et les grandes dépenses sont souvent leurs raisons d'exister. Ils "claquent" en une journée ce qu'un salarié lambda gagne parfois toute une vie. Comme ils claquent des doigts ! Ils ont souvent de grandes mains, peu usées par le labeur, des mains de fainéants ! A partager des moments de sa vie, j'en devenais sa doublure.

On s'habitue vite à l'extraordinaire, à l'opulence et au pouvoir. Il rend fou tous ceux qui en ont un tout petit peu. Y'a qu'à s'imaginer la vie de ceux qui ont tout !

En "virée" en Polynésie, un week-end où "maman" était occupée à ses bonnes œuvres, il m'avait demandé discrètement d'organiser un diner, pour le soir même, avec les représentants, les élus des iles que forment cet immense archipel Français du bout du monde. J'avais compris !

A l'époque nous prenions des vols du COTAM sans rien avoir à justifier et à quiconque d'ailleurs ! Il avait sa conscience pour lui. Moi je le suivais, je savais que j'avais fait le bon choix. J'avais misé tout de suite sur lui, dès que je l'avais rencontré de retour d'un "jogging", en survêtement bleu, encore dégoulinant de sueur dans ce petit bureau mal rangé. Tout de suite, il m'avait plu même séduit ! Il portait "beau" même en survet !

A l'époque, on n’entendait pas parler de parties fines. On qualifiait ces soirées libertines de partouzes tout simplement. Il ne supportait pas de se coucher seul dans les nombreuses destinations où il jouait son rôle de représentation. Il fallait lui trouver du "personnel" qualifié !

Souvent des putes mais aussi souvent des fans. J'avais pour chaque endroit une liste de rabatteurs qui savaient les recruter ou susciter l'envie de la rencontre avec le "grand" homme.
Pas des proxénètes, des amis d'amis, des relations sérieuses. Pas de morale, je vous assure qu'ils l'ont tous fait ainsi. Le mien était sûrement le plus gourmand !

Après le diner, pas de backroom, la salle à manger privatisée du restaurant de l'hôtel où nous étions hébergés. Les quelques jolies donzelles présentes s'étaient alors effeuillées, il avait commencé à les besogner, il m'avait proposé d'y participer ! Comme les autres j'en avais bien profité.

Vers 5h00 du matin, il avait reçu sur son portable perso, un appel de sa femme, il n'avait pas eu le loisir de répondre et s'était dit qu'il écouterait le message dans la matinée.
Elle avait décidé de venir le rejoindre à Papeete pour le reste du week-end.

Vers 9h00, nous avions ouvert les yeux. Nus sur les sofas, les filles dans nos bras.
Cette vision est toujours la même, débauche terminée. Il fallait comme d'habitude remballer.

Tandis qu'il écoutait les messages du portable, les filles se rhabillaient. J'avais compris qu'il fallait rapidement déguerpir sans laisser de trace.
 Il l'avait rappelé en vain, elle était déjà en route, il lui avait laissé un message lui disant qu'il avait du repartir en métropole dès son arrivée pour raison d'état. Les plus gros mensonges sont ceux qui passaient toujours le mieux, il ne s’était jamais fait "crever".

J'avais alors briefé les élus encore présents à l'hôtel, sa femme allait arriver, il fallait qu'ils lui disent qu'aussitôt atterri, il avait du repartir sans même avoir eu le temps de mettre le pied sur le tarmac.

Arrivés à Villa, la voiture nous attendait, un quart d'heure plus tard nous étions au "château". La noria des innombrables invités avait déjà commencé. A sa gauche sur le perron, je les lui présentais, de sa main droite il les saluait !

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