dimanche 4 mars 2012

Les communistes

Mon grand-père était communiste. Ce n’est pas une maladie ! Et puis comme disait un humoriste talentueux disparu : "Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes ! "
Il était Marxiste parce que, comme il aimait le dire, seuls les Russes et les Soviétiques avaient eu en Europe le courage d'exterminer le nazisme jusqu'au sacrifice des combattants. Il en avait connus dans les nombreux camps de l'Allemagne de l'est et de Pologne où il avait été prisonnier. Il les vénérait même. Officier de cavalerie, pris avec sa section en 1940 pendant la bataille de la somme par les "Doryphores", il avait été expédié en Allemagne d'abord, sans avoir pu combattre. Il s'en voulait Joseph. Il  n'était pas Juif mais faisait partie d'un parti où de nombreux membres ont été décimés, dès 1940 malgré le traité de non-agression.

Pas communiste de circonstance, ni de complaisance - de combat. Généreux, c'était une sorte de héros anonyme du 20ième siècle comme beaucoup d'autres d'ailleurs.
Lorsque j'entends aujourd'hui parler de communisme, je distingue mon grand-père des actes impardonnables que Staline et ceux qui l'ont remplacé ont commis pendant le 20 siècle, je n'arrive pas à les associer ! Je me dis qu'il était Historique, Communiste authentique et authentiquement Français. Paradoxal, non ! Dans le contexte de la guerre et de l'après-guerre, l'adhésion au Parti paraissait sûrement salutaire pour le pays.
Le communisme de mon grand-père était un mélange de souci de partage, de don de soi et de France. Difficile à expliquer aujourd'hui.
A l'âge de 15 ans, j'avais voulu aussi m'engager en politique comme lui, j'aurai aimé participer aux grandes messes de la fête de l'huma, donner un peu de ma jeunesse et mon humanisme naissant aux autres. Un peu à l'image des compagnons de route que j'avais rencontrés en 1981. Mais je n'en avais pas le sens !

Ce dimanche 10 Mai 1981, François Mitterrand est élu Président de la République, aidé par les communistes. Nous étions en famille chez un dignitaire du parti, invités par Joseph.
Ma mère, mon frère, moi et même mon père qui j'en étais sûr, n'était pas du tout communiste ! Lui, connaissait déjà les résultats de l'élection à midi, les sondages à la sortie des urnes, c'était son job ! Une belle victoire avait-il laissé présager !
 A Grosrouvre, ce jour-là, j'avais rencontré Jean Ferrat, nous avions entonné l'Internationale tous
ensemble, le poing levé ! Puis la Marseillaise !
Je ne sentais pas de revanche, un aboutissement : une réussite pour ce peuple de gauche que mon grand-père représentait à mes yeux d'adolescent. Je ne savais pas vraiment ce qu'était la gauche et la droite, la politique était l'affaire des adultes pas encore la mienne.
Le parallèle à faire est tentant en cette année d'élections Présidentielles, 1981/2012.
Tous les ingrédients sont présents pour que la gauche revienne au pouvoir : un président sortant détesté, hautain, coupé du "peuple" et menteur comme l'affirme l'opposition !

Pourtant il manque des idées, une vision, un Parti, des hommes...les Communistes.
Pour la première fois de ma vie, je ne voterai pas en avril et en mai de cette année, je m'interroge depuis quelques mois sur ce que Joseph ferait à ma place...
Je sais qu'il l'aurait bien fait...

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