samedi 3 décembre 2011

L'Italien

Vous autres Français dites que je suis une caricature. Sans doute parce que j’ai la belle gueule des ritals, les cheveux ondulés et gominés, le regard de braise, perçant, et le sourire éclatant. En fait, débraillés, vous jalousez mon costume smalto 3 pièces impeccable et mes bottines de luxe. Et oui je porte une Daytona. Ça vous emmerde hein, parce que vous ne supportez pas la réussite des autres. Mais ce qui vous gène le plus, je pense, c’est le succès que je peux avoir auprès de la gente féminine. Mon accent, ma gouaille et mon verbe font chuter les forteresses les plus coriaces. Elles finissent toutes par céder… toutes vous m’entendez, toutes ! Y compris vos épouses messieurs, il n’y en a pas une pour rattraper l’autre, je suis navré de vous le dire. Il n’y a pas à dire, je sais y faire avec les femmes.
Calé dans mon siège, je lis La Tribune. Bon canard La Tribune, dommage, il va crever. Je sirote un expresso… enfin un ersatz de café servi par la SNCF. Bercé par le ronron de l’air conditionné… non, pardon, du TGV, je pourrai presque m’endormir. Mais non ! Ma cible est là, à 13h. 

Elle est rayonnante, le sourire ravageur, les yeux lagons, la chevelure de feu, la jupe fendue, la dentelle du haut des bas découverte, le décolleté généreux, le string presque palpable…  Non, en fait elle est juste normale, la Parisienne de 40 balais, brune et sans âme. Une de ces nombreuses fonctionnaires aigries. La tâche va être rude, mais je relève le challenge !
Elle vient juste d’ouvrir son laptop et se met à bosser. Les lunettes sur le nez, le tailleur strict, le chignon réglementaire, elle serait presque bandante la ménagère de moins de 50 ans. Ses petits doigts s’agitent sur le clavier… Allez, pas de temps à perdre, j’y vais !
Je file aux toilettes, me redonne un petit coup de fraîcheur. Nous ne sommes pas nombreux dans le wagon, la tache va être plus aisée. Je reviens à ma place et tente une approche. Mon accent ne fait aucun doute, je suis étranger, paumé en pleine France profonde. « Madame, pourriez-vous m’aider ? Comment puis-je…». J’aurais du m’inscrire à la ligue d’improvisation tellement  le discours semble naturel. J’analyse, percute, rebondis et ne décroche jamais. Le charme agit peu à peu, je l’invite à prendre un café au bar. Elle est séduite, me raconte sa vie, son divorce, ses enfants, son boulot au ministère… Passionnant ! Elle ne se sépare jamais de son PC.
Plus que 2h, il va falloir que je mette le turbo. J’accélère, enclenche la 5ème, la 6ème…  c’est décidé je l’honorerai dans les toilettes. Elle se sent belle, fraîche, séductrice… je lui fais croire qu’elle est unique, désirable, romantique et maintenant érotique. Elle rougit, me repousse, refuse, un non qui veut dire oui… je relance mes assauts, les coups de boutoir deviennent plus intenses, le mur de front se fendille, se lézarde. J’arrache un baiser, puis un autre finalement accepté. Je prends sa main et l’emmène aux toilettes. Je l’enlace, l’hume, la respire, l’embrasse… pose son sac dans un coin. 
Je la dévêtis, sort ma langue, saisis la sienne…. Me retourne et ouvre le sac. Je lui arrache le soutien gorge, lui titille les tétons… lui caresse la fesse droite et de l’autre main rallume le pc en veille. C’est bon, il n’est pas éteint ! Elle me saisit le sexe, l’embrasse puis l’absorbe et commence son travail, le regard fixe, dans mes yeux, presque comme un défi. Je me retire, lui arrache la petite culotte avec les dents, respire son entrecuisses, y passe la langue… elle est humide, ouverte et offerte. Je me retourne rapidement saisit un préservatif dans la poche, et en même temps une mini clé usb. J’enfile l’un sur mon sexe en érection et l’autre dans le port usb du laptop.
Je me retourne à nouveau, la pénètre doucement… le programme sur la clé se déclenche… je commence mon va et vient, le cheval de Troie s’installe. J’accélère le mouvement, le flux de données débute, l’échange s’effectue. Elle vit son plaisir, pousse des petits cris, ouvre les lèvres, je les saisis… le flux est à son maximum. Je jouis et elle aussi… que de bonheur et d’informations échangées !
Volte Face à nouveau, elle se rhabille, je saisis la clé et la glisse dans ma poche. Je jette le préservatif dans la poubelle et ferme son sac. Je me retourne, l’embrasse… Je lui dis que je l’aime, je suis assez bon dans ce genre de déclaration. Nous sortons des toilettes, échangeons nos numéros de téléphones. La pauvre, elle tombera sur Jean Christophe Berdie. Je ne sais pas pourquoi depuis que je lui ai subtilisé sa mallette, j’ai gardé son nom et ses numéros en tête. 

Un dernier baiser échangé sur le quai et je file dans un bistrot attendre mon train de retour. En arrivant, j’irai me changer, enfilerai mon jean et un tee-shirt, ma tenue habituelle. J’irai poser le costume au teinturier, reprendrai mon accent parisien et balancerai les infos au boss.

De tous les rôles, c’est l’Italien que j’aime jouer.

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